
Si la forme humide de la DMLA bénéficie de traitements, la forme atrophique (ou « sèche ») reste aujourd’hui sans solution.
Mais une nouvelle piste pourrait changer la donne : un dispositif de neurostimulation combinant un implant rétinien et des lunettes avec caméra, une véritable thérapie ophtalmologique pour les personnes atteintes de DMLA sèche.
Développé par une collaboration internationale (Inserm, CNRS, Sorbonne Université, Fondation Rothschild, Hôpital des Quinze-Vingts, Université Stanford et Science Corporation), le système Prima associe technologie optique et neurostimulation rétinienne.
Concrètement, une micro-puce photovoltaïque de seulement 2 mm est implantée sous la rétine, lors d’une intervention chirurgicale délicate pratiquée par un ophtalmologiste spécialisé dans la chirurgie de la rétine.
Ce type d’intervention permet à une personne atteinte de DMLA sèche d’envisager, à terme, de retrouver une perception visuelle fonctionnelle et d’aboutir à une vision utile au quotidien.
Les lunettes à réalité augmentée, équipées d’une caméra miniature, captent les images et les transmettent à un petit ordinateur.
Celui-ci transforme les images en signaux infrarouges, projetés ensuite vers l’implant rétinien.
L’implant rétinien stimule les cellules nerveuses résiduelles de la rétine, court-circuitant les cellules photoréceptrices détruites par la maladie, et permet au cerveau de recouvrer la vue partiellement.
Ce dispositif rend possible la perception de formes, de lettres et même de mots, une première dans le traitement de cette déficience visuelle sévère.
La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est la première cause de déficience visuelle après 60 ans.
Elle touche la macula, zone centrale du globe oculaire responsable de la vision centrale, essentielle pour lire, écrire ou reconnaître les visages.
Cette pathologie ophtalmologique est liée au vieillissement et à la dégénérescence des cellules photoréceptrices.
Souvent, la perte progressive de la vision s’installe discrètement, ce qui explique pourquoi il est essentiel de dépister la maladie le plus tôt possible lors de consultations régulières chez un ophtalmologue.
L’étude publiée dans le New England Journal of Medicine a suivi 38 patients souffrant de DMLA atrophique, âgés en moyenne de 79 ans.
Les résultats sont très encourageants : 81 % des participants ont amélioré leur acuité visuelle après l’introduction de l’implant rénitien, gagnant la capacité de lire 10 à 15 lettres supplémentaires sur les tableaux de vision.
Une amélioration même partielle représente un progrès majeur pour des patients confrontés à une baisse de la vision rendant la lecture, l’écriture ou la reconnaissance des visages difficiles.
Certains patients ont pu retrouver une vision centrale fonctionnelle, lire des mots et reconnaître des chiffres, tout en préservant leur champ visuel périphérique, une étape majeure vers une vision plus complète.
Les chercheurs observent également que cette évolution de la maladie pourrait être mieux surveillée grâce à un suivi ophtalmologique régulier et à un dépistage précoce des premiers signes de malvoyance.
Comme toute intervention chirurgicale ophtalmologique, l’implant rétinien présente encore quelques risques : hypertension oculaire, décollement de la rétine, ou hémorragies sous-rétiniennes.
Ces complications ont été bien prises en charge, et un suivi à long terme est en cours pour confirmer la sécurité du traitement.
Malgré ces précautions, le chirurgien ophtalmologiste Pr José-Alain Sahel souligne que les bénéfices observés surpassent largement les effets secondaires.
Les patients souffrant d’une perte de vision centrale disposent enfin d’une solution thérapeutique innovante, dans une pathologie où il n’existait aucun traitement curatif jusqu’ici.
À l’avenir, cette technologie pourrait être associée à d’autres approches thérapeutiques, notamment les cellules-souches, la thérapie génique ou encore la rééducation visuelle immersive.
Ces pistes pourraient aider les patients à comprendre la vision retrouvée, à adapter leur champ de vision et à améliorer leur autonomie grâce à des aides visuelles adaptées.
L’implant rétinien marque une étape essentielle dans la lutte contre la cécité centrale liée à la DMLA sèche.
Grâce à la neurostimulation rétinienne, les patients peuvent désormais espérer recouvrer partiellement la vue, lire à nouveau et préserver leur qualité de vie.
Le dispositif Prima symbolise un tournant dans la recherche en santé des yeux, ouvrant la voie à une nouvelle génération de traitements capables de redonner espoir aux personnes atteintes de déficience visuelle.
Pour maximiser les chances de préserver la vue, il reste indispensable de dépister la DMLA tôt, surtout chez les personnes à risque ou constatant une baisse de la vision progressive.